Lotfi Akalay
Le 7 novembre 1943, à Tanger, Lotfi Akalay a poussé son premier cri. Bien d'autres cris suivront.
Histoire de Calypso tour

J’en avais assez de travailler pour les autres. La vie de salarié, ce n’est pas dimanche tous les jours, sinon tout le monde se bousculerait pour se mettre au service d’un patron. Justement, j’en avais par-dessus la tête de voir mon patron regarder sa montre chaque matin quand j’arrivais au travail. Donc, je me suis installé à mon compte, me voilà devenu patron à mon tour et j’ai des employés pour moi tout seul. Depuis, c’est moi qui consulte ma montre quand je les vois arriver en pressant le pas. La différence entre les employés et l’employeur, c’est la fin du mois quand le second pleurniche de devoir payer les premiers qui sautent de joie sans se cacher. L’autre différence s’appelle la fiscalité. L’employé n’a aucun souci avec les impôts qui lui sont prélevés à la source, derrière son dos et sans douleur apparente, alors que le patron se fait siphonner à la source, à l’embouchure au milieu du gué et à chaque méandre. Une agence de voyages, c’est une société minière qui exploite des gisements à ciel ouvert sans coup de grisou. Ces filons ont pour nom le ciel bleu sans nuages, le soleil sans brûlures, la plage sans rochers, la mer sans tempête, la gastronomie sans cholestérol, la musique folklorique sans tapage nocturne, le shopping sans arnaque, la liberté sans risques, la randonnée pédestre sans cor au pied, l’artisanat sans pacotilles, le sport sans fatigue, la nature sans moustiques, la chaleur sans sueur, la fraîcheur sans pluie, la foule sans pickpocket, la surprise sans choc, la tranquillité sans routine, le rêve sans cauchemar et la montagne sans orages.